Simplon, Hello Asso, Micro Don ces structures se sont créées il y a plus de dix ans et ont ouvert la voie à de nouveaux modèles économiques avec l’objectif de contribuer au bien commun. La tech for good prend racine dans ce mouvement.  Lors du Summit tech4good qui s’est tenu à la Cité Fertile de Pantin le 26 juin dernier, Rudy Cambier, co-fondateur du Liberté Living et membre de FEST,  expliquait que la tech for good « c’est se poser la question sur les modèles d’innovation et d’économie. »

 Alors, La Tech for good, amorce d’un changement de société « pour de bon » ?

 

1 Bâtir des ponts :  encourager les connexions entre tech et social business

Prise de conscience collective face aux enjeux sociétaux et environnementaux, quête de sens, envie de contribuer positivement au monde de demain, la tech for good rassemble tout un écosystème riche d’une pluralité d’acteurs : associations, entreprises ESUS* (ayant reçu l’agrément « Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale »), SAS, collectifs, certaines grandes entreprises, certaines entités publiques.

Aujourd’hui le mouvement se structure avec la création de France Éco-Sociale Tech (FEST), sous l’ombrelle de France Digitale, association des acteurs du numérique. Fest regroupe déjà 70 adhérents en moins d’un an d’existence. Les enjeux ? Soutenir une filière « tech for good » et impacter positivement face aux enjeux sociétaux et environnementaux.

 Le constat partagé par tous est que l’écosystème tech comme celui de l’économie sociale sont très dynamiques. Ce qui se joue maintenant c’est la capacité à connecter les deux écosystèmes ensemble pour être efficace et impactant. Seule l’intelligence collective permettra de porter l’innovation à impact.

 

2 Repenser un modèle de société plus bienveillant

Rudy Cambier affirme « qu’on est arrivé à un moment charnière du mouvement tech for good ». Cela rejoint l’idée de Julien Benayoun, co-fondateur chez LITA.co, plateforme de crowdfunding pour l’innovation sociale, qu’il existe lui un vrai « moteur » dans la sphère privée pour répondre à des problématiques sociétaux. En effet, la jeune génération se voit volontiers en créateur d’entreprise et ¼ des projets d’entreprise intégrerai une dimension à impact. Cela suppose de modifier en profondeur les éléments qui sous-tendent cette nouvelle économie et accompagner les mutations à l’oeuvre, en particulier il faudra savoir :

  •  Innover dans les modèles économiques

 Il s’agit de construire des structures hybrides associant entreprises et associations pour créer de nouveaux modèles qui impacteront positivement.

  •  Penser la finance différemment

 Les tech for good dans leur stratégie ont une finalité économique avec des indicateurs de performance mais ils intègrent également des indicateurs sociaux et environnementaux.

Il y a dix ans, la finance était complètement absente sur ses sujets d’innovation à impact. L’économie est en train de changer sous l’impulsion de fonds « impact investing » dont la priorité est l’impact social généré tout en modérant les exigences en termes de retour sur investissement.

 

Différentes sources de financement s’intéressent aux tech for good :

  • Les « Impact investing » : cela représente 10 à 15 fonds, 100 à 200 millions par fond pour investir dans ces entreprises à impact
  • Des business angels
  • De grandes familles sont challengées par leurs enfants pour réorienter les investissements de manière positive
  • Les citoyens qui peuvent participer au financement de ces sociétés à impact

 

3- S’inspirer :  La tech for good vue par ceux qui la font

Latitudes

Fondée il y a 2 ans, Latitudes est une association créée par des ingénieurs dont l’objectif est d’orienter l’utilisation des technologies vers l’intérêt général.

L’association est particulièrement attentive au sujet de l’éducation et la sensibilisation des étudiants « aux externalités négatives » que peuvent porter les compétences tech. L’association travaille aussi sur le sujet d’innovation ou comment l’innovation sociale peut conduire l’innovation tech.

 

Aux côtés de Makesense, l’association a initié un tech for good tour et est partie à la rencontre des écosystèmes de la tech et l’économie sociale à Saclay, Lyon, Toulouse, Nantes, Nice.

  

Tech for good ? « Une technologie a des externalités positives et négatives », « c’est surtout ce qu’on en fait qui compte et dans quel état d’esprit ». Augustin Courtier, co-fondateur de Latitudes

  

Banlieues Santé

L’association implantée à Bobigny œuvre pour l’accès aux soins pour tous et en particulier les plus démunis. + de 70 000 patients accompagnés dans les banlieues et milieux ruraux à ce jour.

 

Tech for good ? « c’est une mission de vie, pour moi et l’équipe Banlieues Santé.  Il n’y a pas de définition de la tech for good, on veut trouver des solutions c’est tout ».  Abdelaali El Babadoui, co-fondateur de Banlieues Santé

 

BNP Paribas 

BNP Paribas est partie prenante d’actions concrètes en faveur de l’économie sociale. Act for Impact est un dispositif d’accompagnement de BNP Paribas pour les entrepreneurs sociaux.

BNP Paribas soutient L’ascenseur à Bastille, nouveau lieu dédié à l’économie sociale. A l’initiative des associations Article 1 et Mozaïk RH, le lieu regroupe 20 associations dont l’objectif est l’inclusion sociale des jeunes issus d’environnements sociaux moins privilégiés.

 

 Tech for good ?  « c’est accélérer les choses et les rendre accessibles au plus grand nombre. La tech for good permet de décupler les actions ». Sébastien Flrorensan, Direction de l’Engagement d’entreprise BNP Paribas

  

Inco

INCO accompagne les entreprises sociales de la création au changement d’échelle, à travers du financement et des offres d’accompagnement. INCO est constitué d’une société d’investissement, d’un réseau mondial d’incubateurs implantés dans 19 pays et de plusieurs centres de formation.

  

La tech for good ? la tech for good n’est pas une fin mais un moyen. La tech for good a le mérite de poser la question du choix de société que nous voulons, « la tech for good devient un débat ». « Le côté contre-culture de la tech for good est important », il faut le préserver. Grégoire Odou, head of Empowerment à INCO

  

A consulter sur le site de Fest :

 La cartographie de l’écosystème Tech & Science For Good

Y sont répertoriés acteurs, programmes d’accompagnement, sources de financement, communautés et événements, les concours, les médias…

https://festech.org/cartographie/