ville du futur fabcity

 

En tous les cas, face aux  enjeux environnementaux et sociaux, les villes doivent faire leur révolution Le mouvement fabcity propose d’engager une dynamique pour créer des villes résilientes et autosuffisantes. Dans la même veine que le mouvement des makers et des fablabs, la fabcity produit localement ce dont ses habitants ont besoin.

 

En juillet dernier, Paris a accueilli le Fabcity summit et rassemblé experts, institutionnels, acteurs privés et grand public. Le réseau international de fabcity réunit aujourd’hui près de 30 villes et régions dans le monde. Elles se sont engagées à poursuivre leurs actions en faveur d’un développement durable et raisonnée en signant le Manifeste de la Fabcity.

 

La France comptait 6 fablabs en 2009 et on en recense aujourd’hui 300 sur le territoire. La  fabcity revêt de multiples facettes (fablabs, agriculture urbaine, économie circulaire..) que ce soit au niveau d’un quartier, d’une ville ou d’un territoire. Les initiatives partagent cependant des valeurs communes autour du consommer moins et mieux, d’optimisation des flux, d’inclusion sociale et de réappropriation de la ville par les citoyens.

 

 

Une ville inclusive

Barcelone fait figure de pionnière en la matière. Son projet d’urbanisme de grande envergure baptisé Superblock devrait conduire à réduire drastiquement la circulation des voitures et d’accroitre de manière substantielle les espaces verts.  La ville s’organise en petits « blocs », véritables petites villes dans la ville, dans lesquels les habitants devront avoir en proximité immédiate tous les services que la ville peut leur fournir.

Au-delà de la réorganisation géographique, ce sont les mentalités qu’il faut bouger. Il faut donc mener un travail d’évangélisation et de concertation. « Il faut accepter qu’il puisse y avoir des conflits » explique l’une des représentantes du programme. Et le dispositif se veut inclusif  « Nous portons une attention particulière à ce que tous les gens participent ». L’éducation est également  au coeur du projet puisque 4 fablabs travaillent avec les écoles.

 

Un nouvel humanisme

Pour certains, la fabcity pourrait porter une nouvelle vision de la société et contraindre le néo-libéralisme à revoir ses acquis. Nicolas Bonnet du parti communiste français pointe du doigt la délocalisation des grandes entreprises dans les pays du tiers-monde  entrainant chômage et inégalités dans les villes industrielles sinistrées. La fabcity serait-elle une revanche sur ce combat ?

 

Pour l’anthropologue Stéphane Juguet le concept de fabcity pose la question du modèle de société que nous voulons poursuivre : « la  Fabcity de Londres versus la fabcité de Platon ».  Il voit encore dans la fabcity l’évolution du travail et du travailleur : « la fabcity est le prolongement de la main de l’homme ».

 

Pierre Musseau, conseiller en urbanisme à la ville de Paris indique quant à lui que  la fabcity a remplacé la smart city (ville intelligente) et son modèle d’innovation centré exclusivement tech. Selon lui, la résurgence de la notion de commun à l’instar des grands voisins à Paris XIV et la recherche d’un intérêt général sont  des éléments fondamentaux dans la nouvelle donne urbanistique de la ville.

Pour autant,  un commun ne se décrète pas : une communauté prévaut avant tout projet.

 

Innovation ouverte

L’esprit fablab et son tenant, l’open innovation, souffle aussi dans le domaine du privé et des entreprises. Christian Villum du centre de design danois  promeut le co-design et l’open source. L’intérêt selon lui ?  Cela permet de créer  une équipe de design décentralisée, d’accélérer l’innovation et en retour de partager des droits de propriété. L’enjeu consiste aujourd’hui  à inventer des modèles économiques open source pour la production des produits.

 

Pour Hoelig Le Clainche de Techshop – Ateliers Leroy Merlin ouvrir un  makerspace en entreprise c’est l’opportunité d’accroitre la créativité et réduire le « time to market ». Avec des impératifs pour que cela fonctionne : s’intéresser d’abord à la manière dont travaillent les gens dans l’entreprise, avoir défini des indicateurs clés et adopter un business model pertinent.

 

 

Faire plutôt qu’acheter

projet make something greenpeace

C’est ce que revendique Greenpeace avec sa Fashion revolution. L’industrie textile est l’une des plus polluantes. Mais tant que ce sera moins cher d’acheter que de réparer, difficile de changer la donne.  Le projet Projet Makesmthng « buy nothing, make smthng », porté par Greenpeace encourage le public à prendre part à des ateliers et événements en lien avec le mouvement des makers pour sensibiliser à des modes de consommation alternatifs.  www.makesmthng.org

 

 

 

Economie circulaire

 

La fabcity ce sont aussi de nouveaux modèles de fabrication et de distribution  générés par l’économie circulaire. A titre d’exemple, la plateforme expérimentale Openstructures  applique la démarche des logiciels open source pour créer des nouveaux produits. A partir d’un même module géométrique duplicable et interchangeable chaque contributeur (designer, ingénieur, entreprise, particulier) participe à l’élaboration de produits  à la manière des meccanos. http://beta.openstructures.net/

 

Le projet oscedays rassemble une communauté autour de solutions et méthodologies issues de l’économie circulaire. Sur le site, un poster disponible en 9 langues et à imprimer librement reprend les conseils et actions à mettre en oeuvre.

économie circulaire

https://oscedays.org/print/

 

“We produced unsustainable city for unsustainable behavior”

Lars Zimmerman, artiste et économiste éclectique qui revendique l’open source et le hacking (dans le sens de réutiliser et détourner ce dont on ne sert plus) pour promouvoir l’économie circulaire.

Poster > make it circular Oscedays.org/print

 

 

A ton tour

La manufacture Les Arts Codés a proposé des visites à vélo des nouveaux lieux de partage et de production de la ville : Micro-usines, recyclage, agriculture urbaine, fabrication distribuée, construction 4.0, big data town

 

fabtour paris à vélo

Une découverte passionnante tant dans les échanges avec les participants et les organisateurs que les acteurs de ces nouveaux lieux. C’est dans cette relation de proximité et de sensibilisation qu’il semble que la fabcity prend tout son sens.

 

Parmi les acteurs rencontrés ; l’association la Sauge qui mène avec Est ensemble, établissement public territorial un travail d’expérimentation d’agriculture urbaine à Bobigny.

 

Le groupe immobilier Sogaris développe des solutions d’intermodalité. Un hôtel logistique a été récemment inauguré près de la gare du Nord à Paris. L’ensemble accueillera la fois du fret ferroviaire en rez-de-chaussée, des bureaux dans les étages et de l’agriculture urbaine sur le toit.

 

A lire

  • The Fabcity book : the mass distribution of (almost) everything

De Tomas Diez, initiateur du mouvement fabcity

  • Fab: The Coming Revolution on Your Desktop–from Personal Computers to Personal Fabrication

de Neil Gershenfeld, fondateur du concept du fablab au MIT

 

A télécharger le manifeste de la fabcity :

http://cdn.makery.info/wp-content/uploads/2018/07/FABCITY-Manifesto-FR-EN.pdf

 

A consulter :  Fabcity Grand Paris http://fabcity.paris/ la communauté fabcity du grand Paris

 

Illustration de couverture par Caroline Laguerre. L’artiste vit et travaille à Paris. Elle pratique la Peinture, le Street Art, le Dessin et l’Illustration. https://www.instagram.com/caroline.laguerre/  

 

si vous souhaitez l’intégralité du cahier d’inspiration mettanova « fabcity », vous pouvez envoyer votre demande à :

aude@mettanova.com